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Une boiterie qui va et vient, un chien qui hésite devant le canapé : ça ressemble à un simple coup de fatigue, et c’est souvent comme ça que l’histoire commence. Chez le chien, les problèmes de genou ne naissent que rarement d’un mauvais atterrissage. Les documents que nous avons consultés décrivent plutôt une articulation qui s’use ou qui est mal alignée depuis longtemps. Le bon réflexe est donc de savoir ce qu’il faut observer, et de ne pas attendre que la patte ne soit plus posée au sol.
Précision utile d’entrée : cet article est un guide de prévention, pas un avis médical. Seul un vétérinaire peut examiner un genou, poser un diagnostic et choisir un traitement.
Le grasset, l’articulation en question
Le « genou » du chien, que les vétérinaires appellent le grasset, se situe sur la patte arrière. Deux affections y sont particulièrement fréquentes : la rupture du ligament croisé crânien et la luxation de la rotule. Elles n’ont pas la même origine, mais elles peuvent se rejoindre.
La rupture du ligament croisé : une usure, pas (le plus souvent) un accident
Le ligament croisé crânien est l’équivalent canin du ligament croisé antérieur (LCA) humain. Chez nous, la déchirure vient souvent d’un geste sportif brutal. Chez le chien, les sources consultées (l’article de Quartz, un site de clinique vétérinaire allemande et le site sustainablevet.org) décrivent plutôt une dégénérescence progressive du ligament, sur des mois ou des années. Le jour où le chien boite vraiment, le ligament était souvent déjà fragilisé. Un saut ou un pivot ordinaire peut alors suffire à le faire céder.
Plusieurs facteurs sont évoqués :
- l’âge, l’articulation devenant moins résistante ;
- le poids, car plus de masse, c’est plus de force à chaque pas ;
- la conformation, notamment une pente prononcée du plateau tibial, d’origine héréditaire selon l’une des sources ;
- une luxation de rotule ancienne, qui peut augmenter le risque.
Quelles races sont concernées ?
Les listes varient d’une source à l’autre, et nous ne reprenons volontairement aucun classement. Le Labrador retriever est cité par les trois documents. Le Rottweiler, le Terre-Neuve et le Staffordshire terrier ressortent dans deux d’entre eux. Le Golden retriever, le Boxer, le West Highland white terrier ou le Dobermann ne figurent que dans certaines listes. Retiens surtout que cette affection peut toucher n’importe quel chien, et qu’une prédisposition n’est pas une fatalité.
Un article de Quartz s’appuie sur des données de l’assureur américain Trupanion pour classer des races selon la chirurgie du genou. Ce texte nous est parvenu tronqué, et ces données reflètent des réclamations d’assurance américaines, pas la situation en France. C’est pourquoi nous ne les reprenons pas.
La luxation de rotule : quand la rotule sort de sa rainure
La rotule glisse normalement dans une gouttière osseuse, la trochlée. On parle de luxation lorsqu’elle en sort. Selon l’hôpital vétérinaire parisien FREGIS, la cause est le plus souvent en partie génétique : un défaut d’alignement de l’appareil extenseur du genou, ou une trochlée trop peu profonde. Les chiens de petite race sont plus souvent atteints, et l’atteinte est fréquemment des deux côtés.
Parmi les races citées par FREGIS figurent le Chihuahua, le Yorkshire, le Caniche miniature, le Bichon frisé ou le Lhasa Apso, mais aussi des chiens plus grands comme le Labrador ou le Golden retriever. Les petits ne sont donc pas les seuls concernés.
Quatre grades
Les vétérinaires classent la luxation de 1 à 4. Le grade dépend de sa fréquence (occasionnelle ou permanente) et de la possibilité de remettre la rotule en place, puis de la voir y rester. Au grade 1, elle sort très occasionnellement et revient seule. Au grade 4, elle est luxée en permanence et ne peut plus être replacée à la main.
Pourquoi s’en soucier tôt ? Selon FREGIS, une luxation non prise en charge peut abîmer le cartilage, entraîner de l’arthrose et, après quelques années, aboutir à une rupture du ligament croisé. Deux problèmes qui peuvent donc s’enchaîner.
Les signes qui doivent t’alerter
Ils sont parfois fugaces. Les sources mentionnent :
- une boiterie qui va et vient, parfois après une longue balade et disparue le lendemain ;
- une raideur, surtout après le repos qui suit un effort ;
- une hésitation à sauter sur le canapé ou dans la voiture ;
- un chien qui lève brièvement une patte arrière en marchant, puis repart normalement ;
- une démarche en « saut de lapin », les deux pattes arrière avançant ensemble ;
- une position assise avec une patte arrière écartée sur le côté ;
- une allure avec les pattes arrière arquées (« comme un cow-boy », dit FREGIS).
Ces signes ne suffisent pas à poser un diagnostic : d’autres problèmes peuvent donner les mêmes symptômes. Mais ils justifient un rendez-vous. Mieux vaut un examen pour rien qu’un ligament qui lâche pour de bon.
À retenir
- Chez le chien, la rupture du ligament croisé est le plus souvent l’aboutissement d’une usure progressive, rarement un traumatisme isolé.
- La luxation de rotule est souvent d’origine en partie génétique et touche plus souvent les petites races, sans les épargner toutes les autres.
- Boiterie intermittente, raideur, réticence à sauter : un signal d’alerte, même si ça passe.
- Les listes de races à risque varient selon les sources : aucune race n’est condamnée, aucune n’est à l’abri.
- Seul un vétérinaire peut diagnostiquer et proposer une prise en charge.
Ce que tu peux faire au quotidien
Le poids est le levier que les propriétaires maîtrisent le plus directement. Toutes les sources s’accordent sur le fait qu’un surpoids ajoute de la charge sur l’articulation, et FREGIS cite le contrôle du poids parmi les mesures utiles en cas de luxation sans symptômes. Si tu te demandes où en est ton compagnon, notre article Mon chien est-il en surpoids ? Les signes à repérer et les bons réflexes t’aidera à y voir clair, avant d’en parler avec ton vétérinaire pour ajuster la ration.
Côté activité, l’idée n’est pas de mettre ton chien sous cloche : les sources insistent sur l’intérêt de muscles bien entretenus pour soutenir l’articulation, tout en limitant les efforts brutaux et répétés à fort impact (par exemple les lancers de balle à répétition avec démarrages et freinages secs). Un exercice régulier et progressif plutôt que la grosse sortie du dimanche : c’est un conseil de bon sens, à adapter à l’âge et à la race avec ton vétérinaire.
Et si un problème est confirmé ?
La prise en charge dépend du chien et du grade. Pour la rupture du ligament croisé, des techniques chirurgicales comme la TPLO ou la TTA sont couramment citées, et l’article de Quartz évoque pour un Labrador opéré huit à douze semaines de mouvement restreint (promenades en laisse, pas de course ni de saut). Les sources ne sont toutefois pas d’accord sur tout : l’une déconseille le plus souvent le traitement non chirurgical tout en admettant qu’il peut être envisagé chez les petits chiens légers. Pour la luxation de rotule, FREGIS indique qu’une luxation sans symptôme ne nécessite pas de chirurgie, alors qu’une intervention est à envisager dès le grade 2 si des signes cliniques sont présents.
Nous ne trouvons dans nos sources aucune donnée fiable sur les coûts en France ni sur la prise en charge par les assurances santé animales : n’hésite pas à poser la question à ton vétérinaire ou à ton assureur.
Quand consulter, et à quelle vitesse
Prends rendez-vous rapidement si tu observes une boiterie intermittente qui se répète, une raideur persistante ou une réticence nouvelle à sauter. Consulte sans tarder si ton chien refuse de poser une patte arrière au sol, si la boiterie apparaît brutalement, ou s’il semble souffrir. Selon l’article de Quartz, un chien qui ne pose plus du tout la patte a souvent déjà un ligament partiellement déchiré. N’attends pas que ça passe et ne lui donne aucun médicament de ta propre initiative : seul le vétérinaire peut dire ce qui convient.
Le genou de ton chien travaille à chaque pas, à chaque saut de joie quand tu rentres. Un œil attentif, un poids maîtrisé et un réflexe de consultation au premier doute : c’est la meilleure façon de lui garder des balades heureuses le plus longtemps possible.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l’avis de ton vétérinaire, seul à même d’examiner ton chien. En cas de doute ou d’urgence, appelle-le sans attendre.
Sources
- Races de chiens les plus sujettes à la chirurgie du genou, classées — Quartz, publié le 15 octobre 2026
- Luxation de la rotule chez le chien — FREGIS, hôpital vétérinaire à Paris. Spécialiste et urgences 24h/24, publié le 19 janvier 2026
- Rupture du ligament croisé antérieur chez le chien – Dog-ACL Tear.de — Rupture du ligament croisé chez le chien.de, publié le 18 septembre 2020
- Causes des déchirures du ligament croisé chez le chien — sustainablevet.org, publié le 13 août 2026
Informations vérifiées le 20 octobre 2026.












