Un Labrador jaune adulte, le poil légèrement mouillé, tient un dummy de rapport dans la gueule au bord d'un lac, dans la lumière dorée de fin de journée.

Labrador : le gentil roi des rapporteurs qui ne dit jamais non à une balade (ni à un biscuit)

10 min de lecture

Carte d’identité du Labrador

  • Nom officiel : Retriever du labrador (Labrador Retriever)
  • Origine : des chiens venus de l’île de Terre-Neuve, sélectionnés en Grande-Bretagne, berceau de la race
  • Taille : le mâle mesure 53 à 59 cm au garrot (idéalement 56-57 cm), la femelle 54 à 56 cm, avec une tolérance de 2 cm environ
  • Poil : court, dense, sans ondulation ni frange, avec un sous-poil résistant aux intempéries
  • Robes admises : noir, jaune (du crème clair au roux renard) et marron, dit chocolat
  • Club de race : Retriever Club de France, club officiel affilié à la Société Centrale Canine

Un chien de pêcheurs devenu chien de famille

Premier paradoxe : le Labrador ne vient pas du Labrador. Ses ancêtres sont des chiens introduits par des colons anglo-irlandais sur l’île de Terre-Neuve, avant de gagner aussi la péninsule du Labrador. La géographie n’a jamais été le point fort de la race, mais elle a d’autres talents.

Au XVIIIe siècle, le « chien de Saint-John » (du nom de la capitale de l’île) travaille aux côtés des marins-pêcheurs. Sa mission : récupérer les poissons qui sautent par-dessus bord. Son goût instinctif pour tout rapporter fera le reste. Des pêcheurs en auraient ramené en Angleterre dès 1814, et ce sont des aristocrates anglais qui assurent la première sélection. Le 2e comte de Malmesbury, vers 1820, en fait un élevage spécialisé dans le gibier d’eau, sur son domaine de Heron Court. Le Kennel Club britannique reconnaît officiellement la race en 1903.

En France, les premiers sujets arrivent à la fin du XIXe siècle, importés par des aristocrates (1896 selon la Société Centrale Canine). Le Retriever Club de France est fondé en 1911. D’abord réservé aux chasseurs, le Labrador séduit ensuite les familles : le club évoque plus de 10 000 naissances par an à la fin du XXe siècle, puis un « régime de croisière » autour de 7 000 aujourd’hui. On dit aussi de lui qu’il est « le chien des Présidents de la République » : selon le club, la reine Élisabeth II en aurait offert un à Valéry Giscard d’Estaing au milieu des années 1970.

Le standard : comment le reconnaître

Le Labrador est un chien solidement charpenté, au format rectangulaire : poitrine large, côtes cintrées, dos droit, rein court et large, ossature solide. L’encolure très musclée est un point essentiel, car elle sert à transporter le gibier sans effort. L’ensemble doit rester athlétique : le standard insiste sur le fait qu’une corpulence excessive n’est pas conforme, et que la poitrine large ne doit pas être le résultat d’un excès de poids.

La tête est puissante, avec un stop marqué, un crâne et un chanfrein de longueur à peu près égale, aux contours adoucis. La grosse truffe aux narines bien ouvertes est celle d’un chien capable de grandes performances olfactives. Les yeux, de taille moyenne, sont marron ou noisette. Les oreilles, de grandeur moyenne, sont plaquées sur les joues. Résultat : cette physionomie débonnaire qui inspire la sympathie au premier regard.

Et puis il y a la queue, signature de la race : très épaisse à la base, elle s’effile vers l’extrémité. Elle n’est pas frangée, mais la densité du poil lui donne ce fameux aspect de « queue de loutre ». Elle peut se porter relevée, sans se recourber sur le dos. Certains disent qu’elle est une arme de destruction massive pour les verres posés sur la table basse. Disons qu’elle mérite d’être surveillée.

Un poil de combinaison de plongée

Le poil est court mais pas ras, épais, assez rêche au toucher, doublé d’un sous-poil dense. Pour un chien censé plonger en eau froide, c’est un vrai critère de race.

Noir, jaune, chocolat… et rien d’autre

Trois robes sont admises : le noir, le jaune (du crème clair au roux renard) et le marron, souvent appelé chocolat. Des portées de jaunes et de marrons apparaissent depuis l’origine au milieu des portées de noirs. Attention aux coloris « exotiques » vendus comme des raretés. Le yellow liver, c’est-à-dire une robe jaune avec des muqueuses et des yeux clairs, est prohibé. Philippe Lammens, responsable du Labrador à la Commission Élevage du Retriever Club de France, précise que ces chiots restent des Labradors, mais ne sont pas confirmables, et regrette qu’ils soient parfois vendus plus cher au nom de la rareté. Quant aux robes « silver », « champagne », « charcoal » ou noir et feu, elles ne peuvent pas prétendre appartenir à la race, toujours selon lui.

Caractère et aptitudes : l’ami de tout le monde

La SCC décrit un chien doux, attentif, dévoué, enjoué et intelligent, d’un naturel amical, qui sait se faire aimer des petits comme des grands. Sa patience est qualifiée de proverbiale. Le club de race le range sans hésiter parmi les chiens de famille idéaux pour les enfants, qui en feront leur meilleur copain de jeux. Sur son rapport aux autres animaux, les documents consultés ne disent rien : on ne promettra donc pas d’amitié universelle avec le chat du voisin.

Dès 1861, le négociant anglais Lambert de Boilieu écrivait, non sans humour, que le chien du Labrador « comprend presque aussi bien qu’un bipède chrétien ce qu’on lui dit ». Le club parle d’un besoin de faire plaisir, et la SCC d’un besoin de « rendre service » : le Labrador n’est pas heureux quand on le laisse sans mission.

Ces qualités viennent de la sélection : mémoire visuelle étonnante, excellent nez, « dent douce » (il rapporte sans abîmer), passion pour l’eau, instinct du rapport. On les retrouve dans des métiers très variés : chasse au gibier d’eau, guide d’aveugle, assistance aux personnes en situation de handicap, recherche de drogue ou de truffes, secours, décombres, pistage, auxiliaire de douane.

Ce qui vient de l’éducation, en revanche, c’est toi. Le club le dit avec un certain sens de la formule : l’éducation est facile, « encore faut-il lui en donner une, comme à tout le monde ». La SCC recommande la douceur et la méthode naturelle, ce qui n’exclut pas la fermeté. Et attention à l’instinct du rapport : si tu l’habitues à rapporter, il ne s’en lassera jamais. Tu es prévenu, ta balle a trouvé son maître.

Santé : les points de vigilance

Les documents consultés ne détaillent pas les maladies propres à la race ni la liste des dépistages recommandés, et nous ne comblerons pas ce silence à coups d’approximations. Pour savoir quels tests demander aux parents d’un futur chiot, le bon interlocuteur est le Retriever Club de France.

Un point revient en revanche clairement : le Labrador a tendance à prendre de l’embonpoint. Un chien trop rond n’est pas conforme au standard, et ce n’est pas non plus ce qu’on souhaite pour lui. Ton vétérinaire reste ton meilleur allié pour évaluer son poids idéal et adapter sa ration. Nous avons d’ailleurs un guide pour repérer les signes de surpoids et adopter les bons réflexes.

Entretien au quotidien

Exercice. C’est un chien actif, qui a besoin de dépenses physiques. Bonne nouvelle, il s’adapte : le club précise qu’il peut vivre en appartement et y être heureux si son maître est présent, et la SCC le dit capable de vivre en ville comme à la campagne. Mais « s’adapter » ne veut pas dire « se contenter du tour du pâté de maisons ». Pour son cerveau, nos idées pour occuper un chien au-delà de la balade tombent à pic. Les jeux de rapport, à pratiquer avec un minimum de discipline, lui vont comme un gant.

Toilettage. Son pelage serré et court le protège naturellement des intempéries, et l’entretien n’est pas très contraignant. La SCC déconseille même le brossage en dehors des périodes de mue, où tu peux l’étriller si tu le souhaites.

Alimentation. Prends les repères de la SCC : des repas aux mêmes heures et au même endroit, rien entre les repas, de l’eau toujours disponible, et un vétérinaire pour te conseiller sur le nombre de repas. Sa gourmandise naturelle est un fait établi, ce qui ne signifie pas qu’il faille lui donner raison. Les yeux doux au moment de passer à table ? Un chef-d’œuvre. Avant de céder, jette un œil à notre liste de ce qu’il peut (ou pas) manger dans ton assiette.

À qui il convient (et à qui pas)

Le Labrador te va si tu aimes sortir, jouer et partager ton quotidien, que tu habites en maison avec jardin ou en appartement. Il fait un compagnon formidable pour les familles avec enfants, et un partenaire enthousiaste pour les sportifs ou les chasseurs. Il aime qu’on s’occupe de lui, qu’on lui donne un rôle et qu’on lui parle.

Il te conviendra moins si tu es absent toute la journée, si tu cherches un chien indépendant qui s’occupe tout seul, ou si tu as la main trop généreuse côté friandises. Son besoin de présence et de travail est réel, et il en va de son équilibre.

L’erreur à éviter

Croire que « facile à éduquer » signifie « pas besoin d’éduquer ». Le club de race le rappelle : l’éducation est à la portée de tous, mais encore faut-il la faire, avec attention et constance.

Et si tu veux afficher ta passion pour la race jusque sur ton mug du matin ou sur ton t-shirt de balade, la boutique AMOUR CHIEN a prévu quelques idées.

Bien choisir son chiot

La règle de base : un chiot inscrit au LOF (Livre des Origines Françaises), né chez un éleveur transparent et identifié. Prends le temps de poser toutes tes questions, de rencontrer la mère et de demander quels dépistages ont été réalisés chez les parents. Le Retriever Club de France est l’interlocuteur de référence pour te renseigner sur ces points et sur les éleveurs de la race.

Méfie-toi aussi des arguments de rareté : comme on l’a vu, les robes « champagne », « silver » ou « charcoal » ne font pas partie de la race, et un chiot yellow liver n’a rien d’une perle rare justifiant un tarif plus élevé. Et si tu hésites sur le chemin à prendre, il existe aussi des chiens qui attendent leur famille en refuge : notre guide sur les premières semaines après une adoption t’aidera à préparer l’arrivée.

Au fond, le Labrador, c’est un chien qui n’a besoin que de peu de choses : toi, une activité, de l’eau (en quantité de préférence) et une ration raisonnable. Le reste, il se charge de le transformer en bonheur.

Sources et références

Informations vérifiées le 4 novembre 2026.

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