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Carte d’identité du Basset
- Nom officiel : Basset hound (standard FCI n° 163)
- Origine : Grande-Bretagne, avec des racines françaises
- Groupe FCI : groupe 6, chiens courants et races apparentées, section 1.3 (chiens courants de petite taille), avec épreuve de travail
- Taille : 33 à 38 cm au garrot
- Poids : 25 à 30 kg
- Poil : lisse, court et serré
- Couleurs : généralement tricolore (noir, feu et blanc) ou bicolore citron et blanc ; toute couleur de chien courant est admise
- Espérance de vie : décrite comme très bonne par la Société Centrale Canine
- Club de race : Club du Basset Hound, affilié à la Société Centrale Canine
Un chien de moines, passé par l’Angleterre
Les pattes courtes, ce qu’on appelle le « bassetisme », sont une anomalie de la nature qui a probablement toujours existé : le Club du Basset Hound en trouve des traces dès la préhistoire. Mais l’histoire du basset hound proprement dit commence en France.
Selon le club de race, les ancêtres de tous nos chiens courants actuels apparaissent au VIIe siècle dans un monastère des Ardennes, avec les chiens de Saint-Hubert élevés par les moines. Pendant longtemps, les bassets issus des grands chiens courants ne séduisent guère. Il faut attendre la fin du XVIe siècle pour voir les premières descriptions de type basset, venues de l’Artois et des Flandres. Le club en tire une conclusion nette : la France est le berceau de la race. Les chasseurs adorent ces chiens, et l’élevage donne naissance à toute une famille : bassets d’Artois, des Ardennes, de Normandie, fauves de Bretagne, griffons vendéens, bleus de Gascogne…
Le tournant se joue en 1863. Le comte Le Couteulx de Canteleu présente son basset d’Artois au grand public, dans le jardin d’acclimatation de Paris. Un couple issu de ses chiens part ensuite pour l’Angleterre. Il s’appelle « Basset » et « Belle », et ce sont vraisemblablement les aïeux de nos bassets hounds. En 1880, une classe basset hound est jugée pour la première fois outre-Manche, et le premier standard est rédigé à peu près à cette époque.
Le chien décrit par ce standard n’existait pas encore. Il faut des décennies d’efforts aux éleveurs, avec notamment l’équipage de Walhampton et ses deux lignées, l’une de travail et l’autre d’exposition, pour que naisse en 1935 « Monkshood of Reynalton », présenté comme le premier vrai basset hound. En France, la première portée est enregistrée en 1962.
Les historiens de la cynophilie ne sont pas tous d’accord sur les origines exactes de la race. Une chose fait consensus : le standard actuel est britannique. La race est d’ailleurs classée « Grande-Bretagne » par la FCI, et la SCC précise que les Américains l’ont développée et relancée vers le milieu du XXe siècle.
Le standard : comment reconnaître un basset hound
Le standard parle d’un chien court sur pattes, de « substance considérable », bien proportionné, distingué. Il rappelle surtout que c’est un chien de travail, qui doit être puissant, actif et endurant. Le basset hound est le plus lourd de tous les bassets. Il doit paraître substantiel sans être lourdaud, et dégager une impression de dynamisme. Avec 25 à 30 kg pour 33 à 38 cm au garrot, tu tiens un format pouf, au poids d’un gros sac de ciment.
La tête fait le personnage. Le crâne est en dôme, avec une bosse occipitale bien visible. La peau est assez lâche pour former de légers plis quand le chien baisse la tête, et quelques rides sont admises sur le front et près des yeux. Les yeux, en forme de losange, sont foncés (brun moyen chez les chiens à robe claire), avec cette expression calme et sérieuse qui fait craquer tout le monde. Un œil clair ou jaune est un grave défaut. La truffe est noire, ou marron chez les chiens à robe claire, avec de grandes narines bien ouvertes. Les babines retombent largement sur la lèvre inférieure.
Les oreilles sont attachées bas, longues et étroites, de texture fine et veloutée, et dépassent légèrement le bout du museau. Pour le reste : un cou musclé avec un fanon marqué, un corps long et bien descendu, un sternum proéminent, et une garde au sol suffisante pour évoluer sur tous les terrains. La queue, longue et forte à la base, se porte en sabre, légèrement courbée vers le haut, jamais enroulée ni « gaie ».
Le poil est ras, lisse, serré et sans franges : un poil long ou mou à franges est un grave défaut. Côté couleurs, on voit le plus souvent du tricolore (noir, feu et blanc, que la SCC décrit en brun, blanc et noir) ou du bicolore citron et blanc, mais toutes les couleurs de chien courant sont admises. Les allures comptent beaucoup : une action dégagée, aisée, sans raideur, sans doigt qui traîne au sol. Sur le plan du comportement, le standard exclut le chien agressif ou peureux.
Caractère et aptitudes : placide, têtu et incapable de rester seul
Le standard dresse le portrait d’un chien tenace, qui chasse au nez, avec l’instinct de la meute, une voix profonde et mélodieuse, placide, jamais agressif ni craintif, et affectueux. La SCC complète : sociable, très affectueux, d’une excellente compagnie, et d’une nature qui s’adapte merveilleusement à la vie familiale. Les chiens timides et nerveux ne sont pas représentatifs de la race.
Il faut séparer ce qui vient de la sélection de ce qui dépend de ton travail. Le nez, l’endurance, la voix et la ténacité, c’est de la génétique : le basset hound a été façonné pour suivre un lièvre, à une cadence relativement lente et sur des distances extraordinaires. Quand sa truffe attrape une piste, ton enthousiasme à lui crier « ici ! » rivalise assez mal avec le programme du jour. Quant à sa voix, elle est faite pour porter, donc ne compte pas sur la discrétion.
Ce que la SCC dit de son caractère entêté demande un peu de méthode : une éducation ferme dès le départ. Pas de la dureté, de la constance. Un basset qui a compris que « non » veut parfois dire « oui, après trois soupirs » ne lâchera plus l’affaire.
Autre trait de race : l’instinct grégaire. Le basset hound aime la compagnie, supporte mal la solitude et aime évoluer en meute. Cette sociabilité, qui est un vrai atout en famille, se retourne contre toi si tu le laisses seul des journées entières.
Quant à ses talents, ils sont ceux d’un chien courant : la chasse, au nez, au lièvre, avec une épreuve de travail inscrite dans la classification FCI. Si tu ne chasses pas, tu peux lui offrir autre chose que des tours de pâté de maisons : des idées pour occuper son cerveau conviennent particulièrement à un nez de cette qualité.
Santé : les points de vigilance
La SCC décrit une nature robuste, qui ne demande pas de soins particuliers et donne une espérance de vie très bonne. Cela ne dispense pas du suivi de base : vermifugation et vaccins selon les indications de ton vétérinaire, et une protection contre les puces et les tiques. Le guide des parasites saison par saison t’aidera à t’y retrouver.
Deux points ressortent clairement des textes. Les oreilles, d’abord : elles sont à surveiller attentivement et à nettoyer régulièrement. Quand on a des oreilles qui ressemblent à des rideaux, il vaut mieux ne pas les oublier. Le poids, ensuite : la SCC insiste pour éviter l’excès de poids, qui conduit à des chiens trop lourds « avec tous les risques qui en découlent ». Pour un chien long sur pattes courtes, ce n’est pas un détail. Si tu hésites, voici comment repérer un chien en surpoids.
Quant aux tests de dépistage recommandés pour la race, les documents consultés n’en détaillent aucun. Le bon interlocuteur reste le Club du Basset Hound, qui saura te dire lesquels demander à un éleveur. Pour tout symptôme ou doute sur ton chien, ton vétérinaire est la seule personne qui puisse trancher.
Entretien au quotidien : de l’exercice, de la compagnie, pas d’escaliers
Si tu rêves d’un chien de canapé, passe ton chemin. La SCC est claire : le basset hound a besoin de beaucoup d’exercice et de longues sorties, il n’est pas fait pour rester en permanence sur un canapé. Il se plaît dans l’effort tranquille, nez au sol, bien plus que dans le sprint. Après une balade en forêt, le contrôle des tiques est un bon réflexe.
Côté pelage, le standard décrit un poil ras, lisse et sans franges, donc pas de coiffure complexe au programme. Garde l’œil sur les oreilles, dont l’entretien régulier est la vraie consigne des textes.
Pour l’alimentation, la SCC rappelle que son gabarit demande, pendant la croissance, une nourriture importante et de qualité, adaptée à l’âge, au poids et à l’activité, en croquettes ou en boîtes. Ton vétérinaire t’aidera à ajuster les rations, surtout pour éviter la prise de poids.
Et la maison ? Le problème n’est pas tant la surface que la solitude et les escaliers. La SCC juge guère envisageable un basset en appartement, seul pendant des journées entières. Avec ses pattes courtes, les escaliers ne sont pas pour lui. Un rez-de-chaussée ou une maison de plain-pied, avec quelqu’un à la maison, c’est son contexte idéal.
Le conseil pratique
Un basset qui prend du poids, ce n’est pas seulement un chien plus rond. C’est un chien déjà bas sur pattes et lourd de format qui en porte encore davantage. Pèse ses rations, limite les friandises et demande conseil à ton vétérinaire dès que tu hésites.
À qui il convient (et à qui pas)
Le basset hound convient à une famille, ou à une personne très présente, qui aime les longues balades tranquilles et la compagnie d’un chien affectueux. Il faut aimer sa franchise et son caractère entêté, avoir de la patience et ne pas être pressé d’obtenir une obéissance immédiate. Une maison de plain-pied est un vrai plus.
Il convient moins aux personnes absentes toute la journée, aux logements où les étages se montent à pied plusieurs fois par jour, ou à ceux qui cherchent un chien discret et parfaitement docile dès les premiers mois. Et si tu veux un compagnon de canapé, mieux vaut regarder ailleurs.
Et si tu veux afficher ta passion jusque sur ton mug du matin, les collections Dogamol Vintage, Street Art et Tattoo d’AMOUR CHIEN ont de quoi te donner des idées.
Bien choisir son chiot
Commence par le LOF, le Livre des origines françaises tenu par la Société Centrale Canine : c’est la garantie que le chiot descend de parents de race confirmés. Le Club du Basset Hound, affilié à la SCC, est ton meilleur point de départ pour trouver des éleveurs sérieux et savoir quels dépistages demander.
Rencontre toujours la mère, et si possible le père. Le standard est formel : un chien timide ou nerveux n’est pas représentatif de la race, donc observe le tempérament des parents autant que leur silhouette. Un bon éleveur te posera autant de questions que tu lui en poseras, notamment sur ton temps de présence et ton logement. S’il ne le fait pas, c’est un signal.
Et si tu hésites encore, rappelle-toi que beaucoup de chiens attendent aussi une famille en refuge : voici les premières semaines d’une adoption, au cas où.
Un basset hound ne se contente pas d’être mignon avec ses oreilles et son regard de poète. C’est un chien de meute, de nez et de caractère, qui te suivra de pièce en pièce, te fera sourire tous les jours et te rappellera, avec une certaine mauvaise foi, que tout se joue à la truffe. Si tu as le temps, la patience et un grand cœur, il te le rendra au centuple.
Sources et références
- Basset hound — Société Centrale Canine
- BASSET HOUND — Société Centrale Canine
- Les origines de la race — Club du Basset Hound, 18 juin 2026
Informations vérifiées le 6 novembre 2026.












