10 min de lecture
Carte d’identité du American Staff
- Nom officiel : american Staffordshire terrier (« amstaff » pour les intimes)
- Origine : États-Unis, sur un modèle très proche du Staffordshire bull terrier anglais
- Groupe : 3, les terriers (terriers de type bull)
- Taille au garrot : mâle 46 à 48 cm, femelle 43 à 46 cm (1 cm de tolérance en plus ou en moins, 2 cm pour un sujet par ailleurs exceptionnel)
- Poil : ras, serré, luisant
- Robes : toute couleur unie, pluricolore ou panachée, avec quelques exceptions (voir plus bas)
- Club de race : FAST France (American Staffordshire Terrier)
Origine et histoire : un terrier de type bull, né de deux tempéraments opposés
Pour comprendre l’amstaff, il faut remonter à l’Angleterre du début du XIXe siècle. D’un côté, le bulldog : un molosse de taille moyenne, au centre de gravité bas. De l’autre, le terrier : un chien de campagne qui déterre les renards et les blaireaux, et de ville, où il fait la chasse aux rats. Du croisement de ces deux modèles naît le concept de « bull and terrier », qui donne les terriers de type bull : le bull terrier, le Staffordshire bull terrier et sa version américaine, l’american Staffordshire terrier. Tous appartiennent au 3e groupe, celui des terriers.
Sur ses origines, la Société Centrale Canine ne cache rien : ces chiens ont été façonnés pour les combats d’animaux. Le Parlement britannique les interdit en 1835, mais les combats de chiens se maintiennent dans la semi-clandestinité. Aux États-Unis, des chiens de type bull and terrier arrivent au XIXe siècle avec des immigrés anglais et irlandais, et les « pit dogs » deviennent une affaire nationale. La SCC apporte une précision qui change tout : dans cette sélection, l’agressivité envers l’homme n’entrait ni dans les critères, ni dans l’apprentissage. Ces chiens se battaient contre leurs congénères, pas contre les gens.
La suite de l’histoire est celle d’une reconversion. L’amstaff a été dissocié de sa fonction combattante lorsqu’il est entré dans la cynophilie officielle. Aujourd’hui, la SCC le décrit comme un tendre chien de compagnie, plébiscité par un vaste cercle d’amateurs en France. Il y est même nettement plus répandu qu’aux États-Unis : en 2021, il n’occupait que la 81e place des statistiques de l’American Kennel Club, derrière le Staffordshire bull terrier (75e).
Le standard : comment reconnaître un amstaff
Le trait principal d’un terrier de type bull, c’est beaucoup de force dans un gabarit réduit et ramassé. L’amstaff est une version un peu plus grande et un peu moins compacte du Staffordshire bull. Le mâle mesure 46 à 48 cm au garrot, la femelle 43 à 46 cm. Selon les époques, les lignées et les individus, l’apparence a varié, plutôt terrier ou plutôt molosse. Aujourd’hui, c’est l’aspect molosse qui domine, sans aucune lourdeur superflue : tout est au service de la vigueur, de la vivacité et de la souplesse.
- Le corps : poitrine large et haute, côtes cintrées, musculature développée, dos assez court avec une légère pente du garrot à la croupe. Les membres sont droits, les pieds cambrés, les allures vives et sans roulis du dos.
- La tête : de longueur moyenne, forte et haute dans toutes ses dimensions, avec un crâne et un chanfrein larges, un stop marqué et des muscles de joues très développés. La truffe et les muqueuses sont noires.
- Les yeux : ronds, à l’iris foncé, bien écartés.
- Les oreilles : hautes et assez petites, portées semi-dressées ou repliées « en rose ». Des oreilles tombantes dès l’attache, ou naturellement droites, sont des points de non-confirmation.
- La queue : assez courte, fine à la pointe, attachée et portée bas, sans s’enrouler ni passer au-dessus de la ligne du dos.
Côté poil, c’est ras, serré et luisant. La robe peut être de toute couleur unie, pluricolore ou panachée. Le club français (FAST) classe toutefois parmi les points de non-confirmation le marron, le noir et feu et les robes à plus de 80 % de blanc, blanc uni compris.
Un mot sur le bleu, de plus en plus fréquent et parfois vendu plus cher. Comme chez le Staffordshire anglais, il peut être concerné par une maladie génétique de la peau, l’alopécie des robes diluées. Le FAST déconseille d’accoupler deux sujets bleus. Chercher à produire des bleus n’est donc pas une bonne idée, et c’est un détail à garder en tête quand on choisit son chiot.
Caractère et aptitudes : un tendre qui a des idées
Premier réflexe à oublier : l’amstaff n’est pas un chien d’ambiance « statue ». Selon la SCC, c’est un chien de compagnie extrêmement affectueux, proche des siens, qui montre à ses maîtres, petits et grands, une tendresse très démonstrative. Il reste joueur jusqu’à un âge avancé et très expressif : il a l’air perpétuellement empressé de comprendre ce que tu veux, et de te faire comprendre ce qu’il veut. Quand il t’observe, il ne le fait pas à moitié. Cette attention permanente à son environnement fait d’ailleurs partie du standard.
Le standard parle aussi d’un « courage proverbial ». Dans la vie de tous les jours, cela donne un chien très sûr de lui. Il s’éduque sans difficulté particulière parce qu’il est à l’écoute de son maître, mais la SCC est claire : une éducation soigneuse est un prérequis pour obtenir un amstaff agréable en toutes circonstances. La sélection lui donne les dispositions, pas le mode d’emploi.
Il est dynamique et plein d’entrain, donc pas fait pour les grands sédentaires. Une fois son besoin de dépense satisfait, en revanche, il se tient très tranquille à la maison, à condition d’y trouver ses humains assez souvent. Il est moins impétueux que le Staffordshire anglais. Il n’a rien de méfiant et accueille les visiteurs avec la plus franche cordialité. Il impressionne, mais ce n’est pas vraiment un chien de garde. Le vice-président du FAST, Abdelkader Assal, nuance toutefois : « cela peut dépendre des sujets », certains aboient pour marquer le territoire, d’autres se prennent volontiers pour le garde du corps.
Là où il faut être lucide, c’est avec les congénères. Les mâles sont dominants et les femelles « ne sont pas non plus des agnelles ». Faire cohabiter deux chiens du même sexe, surtout deux mâles, demande, selon M. Assal, d’être « un bon connaisseur de la race ». Avec d’autres animaux de compagnie, il s’habitue volontiers s’il les rencontre tout petit. Hors de chez lui, une socialisation soignée dès le plus jeune âge le rend civil avec les chiens étrangers. Veille surtout à ce que les rencontres du chiot soient positives. La sélection moderne a travaillé cette civilité, et le club propose un Test d’Aptitudes Naturelles pour vérifier l’absence d’agressivité, intégré à sa grille de sélection dès la cotation 2.
Côté activités, c’est un touche-à-tout : agility, obéissance, dog dancing, fly ball (un amstaff a été champion de France en 2015), pistage, recherche utilitaire, cavage, cani-cross. Ce qu’il préfère, d’après le club, ce sont les disciplines qui font appel au flair, comme le pistage, parce qu’il peut y déployer sa curiosité, sa hardiesse et son sens de l’initiative. Aux États-Unis, il excelle aussi au weight pulling (les champions peuvent tracter plus d’une tonne) et au dock diving. On en croise même dans le sauvetage en avalanche ou en décombres, dans la détection pour la gendarmerie et en médiation animale, auprès de résidents d’EHPAD par exemple.
Santé : ce que dit la SCC, et ce qu’il faut demander au club
Les documents de la SCC ne dressent pas de liste de maladies à surveiller ni de dépistages recommandés. Le seul point précis concerne les robes bleues et l’alopécie des robes diluées, évoquée plus haut. Pour les tests recommandés avant de mettre des chiots au monde, le bon interlocuteur est le FAST France, qui connaît la race et ses lignées. Pour le suivi de ton chien, ton vétérinaire reste ton meilleur allié.
Entretien au quotidien
L’amstaff a besoin de dépense physique, c’est sa clause non négociable. Marche, jeux, activité de flair ou sport canin : le but est qu’il rentre fatigué dans le bon sens du terme, et il te le rendra en calme à la maison. Pense aussi à son cerveau : ces idées pour l’occuper au-delà de la balade lui conviennent à merveille, d’autant qu’il adore avoir de l’initiative.
Son poil ras et luisant se contente d’un entretien simple : un coup de brosse régulier suffit en général. N’oublie pas les dents, que personne ne brosse à ta place. Côté assiette, la règle de base vaut pour tous les chiens : une alimentation adaptée à son âge et à son activité, des portions mesurées, et un œil régulier sur la silhouette. Avec une telle musculature, la frontière entre « athlétique » et « un peu trop de biscuits » se contrôle mieux en lisant les signes du surpoids.
Appartement ou maison ? Les documents ne tranchent pas, mais le portrait est cohérent : une fois dépensé, il est tranquille à l’intérieur. Ce qui compte, c’est la sortie quotidienne et ta présence, bien plus que les mètres carrés. En balade, garde la laisse en ville et en forêt, comme pour tous les chiens (on en parle ici), surtout avec un chien qui peut être peu enthousiaste envers ses congénères.
À qui il convient (et à qui pas)
L’amstaff est fait pour quelqu’un d’actif, présent, prêt à l’éduquer sérieusement et à le socialiser dès le plus jeune âge. Il aime les gens, les contacts, les activités partagées. Il convient moins à quelqu’un de très sédentaire ou souvent absent, et à celui qui veut un gardien menaçant : ce n’est pas son truc. Si tu as déjà un chien du même sexe, demande conseil au club avant de te lancer.
L’erreur à éviter
Prendre sa gentillesse pour une dispense d’éducation. La SCC est claire : un amstaff agréable et obéissant en toutes circonstances est le résultat d’une éducation soigneuse, pas d’un pedigree.
Et si tu veux afficher ta passion jusque sur ton mug du matin, la boutique a quelques idées : Dogamol Vintage, Street Art et Tattoo y ont fait une place à l’amstaff.
Bien choisir son chiot
Premier réflexe : un chiot inscrit au LOF, identifié, issu d’un éleveur qui t’accueille, te montre la mère et répond à toutes tes questions. Deuxième réflexe : passer par le club de race, le FAST France, qui connaît les éleveurs et les lignées. La sélection du club s’appuie sur une cotation, avec le Test d’Aptitudes Naturelles dès la cotation 2 : demande-le. Ne te laisse pas attirer par un chiot bleu « plus rare » : sa robe peut s’accompagner d’une maladie de peau génétique, et le FAST déconseille d’en produire.
L’amstaff n’est pas qu’une silhouette musclée : c’est un tendre qui a besoin de quelqu’un de bien. Si tu es prêt à lui donner de l’exercice, de l’éducation et beaucoup de présence, tu auras trouvé un colocataire dévoué et démonstratif, qui te suivra de pièce en pièce en veillant à ce que tu ne fasses rien sans lui.
Sources et références
- L’american Staffordshire terrier : l'histoire — Société Centrale Canine, 31 octobre 2025
- L’american Staffordshire terrier : le caractère et la fonctionnalité — Société Centrale Canine, 27 novembre 2025
- L’american Staffordshire terrier : le standard — Société Centrale Canine, 31 octobre 2025
- L’american Staffordshire terrier — Société Centrale Canine, 27 août 2026
Informations vérifiées le 6 novembre 2026.












